jeudi 6 mars 2008

interlude

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Nouvelle percée contre le Sida

Une modélisation du virus HIV responsable du Sida


Un quart de siècle après avoir isolé le virus responsable du Sida, les chercheurs ont enfin découvert comment certains individus infectés parviennent à échapper à tout symptôme. Une équipe nord-américaine a en effet identifié une protéine impliquée dans la protection des cellules immunitaires contre les maladies virales. Leurs travaux viennent d’être publiés dans la revue Nature Medecine.

Une protéine pour se défendre

«Notre groupe a découvert l’importance vitale de la protéine clé FOX03a pour la survie des cellules de la mémoire centrale [du système immunitaire], endommagées chez les sujets séropositifs même lorsqu’ils suivent un traitement», explique Rafick-Pierre Sékaly, directeur de l’Unité de recherche en immunologie humaine, un laboratoire de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) implanté à Montréal (Canada).

«Il s’agit de la première étude effectuée sur des êtres humains plutôt que sur des animaux à se pencher sur la protection du système immunitaire contre les infections et à établir le rôle fondamental d’une protéine dans la défense du corps», ajoute Elias El Haddad, qui a participé à ces travaux.

Corps d’élite contre VIH

L’infection du VIH entraîne habituellement une dégénérescence graduelle des lymphocytes T CD4+, qui constituent la mémoire centrale du système immunitaire et jouent un rôle important dans la protection permanente contre les virus. Toutefois, on s’est aperçu que certains sujets séropositifs, appelés par les chercheurs «contrôleurs élites», ne présentent jamais aucun symptôme d’immunodéficience, même en l’absence de traitement.

Pas de Fox3, pas de Sida

Afin de comprendre ce qui protège ces individus des effets du Sida, le docteur Sékaly et son équipe ont étudié in vitro les lymphocytes prélevés sur trois groupes de sujets: séronégatifs (non infectés), séropositifs dont l’infection était contrôlée avec succès grâce à une trithérapie et séropositif contrôleurs élites. Ils ont ainsi constaté que la survie des cellules immunitaires des contrôleurs élites découle de l’inactivation de la protéine FOX03a, qui est produite naturellement par les sujets séronégatifs et séropositifs «normaux».

Nouvelles thérapies?

Sékaly estime que la découverte de son équipe est très prometteuse pour le traitement du VIH mais aussi d’autres maladies immunologiques. «La découverte de la protéine FOX03a permettra aux scientifiques d’élaborer des thérapies adaptées à d’autres maladies virales qui affaiblissent le système immunitaire, telles que le cancer, l’arthrite rhumatoïde, l’hépatite C, de même que les rejets observés dans la transplantation d’organe ou la greffe de la moelle osseuse», assure le chercheur.


Yaroslav Pigenet


20Minutes.fr, éditions du 03/03/2008 - 13h24

dernière mise à jour : 03/03/2008 - 18h03

lundi 3 mars 2008

VIEILLIR AUTREMENT

Une maison de retraite autogestionnaire et solidaire,
initiative de "copines de 25 ans"

Une maison de retraite autogestionnaire et solidaire, initiative de "copines de 25 ans"

Vendredi 26 septembre 2003
Source : LE MONDE

Un nouvel acteur social est né : le réseau de copines. A Montreuil, dans le "9.3", trois jeunes septuagénaires - "des copines de 25 ans", disent elles - ont décidé de réaliser une maison de retraite pour elles-mêmes et leurs amies. Une initiative "autogestionnaire et solidaire", qui a résolument l'intention de faire école et dont la réussite pourrait heureusement bousculer le monde assez sclérosé de l'hébergement collectif des personnes âgées.

Thérèse Clerc, 76 ans, Monique Bragard, 71 ans, et Suzanne Goueffic, 72 ans, sont en effet porteuses d'un projet immobilier de "vieillesse solidaire", qu'elles défendent depuis 1997 sous le nom de "Maison des babayagas". Malgré cette appellation gentiment baba cool - "la babayaga, sorcière des légendes russes, habite une maison montée sur des pattes de poulet et dont les murs sont en pain d'épice et le toit en pâte d'amande" -, ces trois femmes ont su convaincre le maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard (communiste rénovateur), et le directeur général de l'office d'HLM, Jean-Luc Bonabeau, de soutenir et financer leur initiative. "Ces deux hommes ont été des interlocuteurs exceptionnels", affirme Monique Bragard.

Le projet "babayaga", c'est la volonté de s'approprier son propre vieillissement. Soit une maison de retraite conçue, habitée et autogérée par une vingtaine de retraitées qui se cooptent entre elles, regroupées en association, et dont le "projet de vie" est assez riche pour satisfaire les aspirations individuelles aussi bien que collectives. "Les "babayagas" ne s'enfermeront pas dans un ghetto mais participeront à la société à travers le soutien scolaire, l'alphabétisation, l'aide aux jeunes femmes, la transmission des savoir-faire et traditions, les soins du corps, la gymnastique, les thérapies douces diverses, les massages, sans oublier un projet de piscine en sous-sol", explique Thérèse Clerc.

Entre la solitude à domicile à tout prix et le placement en catastrophe en maison de retraite pour cause de handicap ou d'accident médical, ces trois femmes ont estimé qu'il y avait de la place pour une alternative plus séduisante.

COÛTS RÉDUITS

Le plus étonnant est que le maire, Jean-Pierre Brard, écrit à Thérèse Clerc dès 1998 qu'il "est tout à fait favorable à une réalisation de ce type".Mais la vraie victoire a surgi de l'accord financier du directeur de l'office HLM de la ville. Jean-Luc Bonabeau a accepté en 2003 de "porter le projet". "La mairie cède le terrain, explique-t-il, l'office HLM construira le bâtiment, dont il demeurera propriétaire. L'investissement mobilisera environ 2 millions d'euros. Le chantier devrait démarrer au premier semestre 2005 pour livraison d'une vingtaine de logements en 2006. Le loyer des studios et deux-pièces ne devrait pas excéder 200 euros par mois."Sachant qu'une maison de retraite décente coûte dix fois ce prix (au minimum), les marchands de sommeil du grand âge ont du souci à se faire.

Les coûts resteront d'autant plus réduits que les "babayagas" géreront le lieu elles-mêmes, acceptant le moins possible d'aide extérieure. "C'est en étant solidaires les unes avec les autres et en vivant collectivement que nous nous aiderons à bien vieillir ensemble", dit Thérèse Clerc. Le terme "bien vieillir" est d'autant plus important que ces trois femmes ont eu à gérer le vieillissement de leur mère. Elles ont aussi compris à cette occasion qu'elles ne pouvaient faire porter aux générations montantes le risque de dépendance qu'elles pouvaient elles-mêmes représenter.

"La maison des "babayagas" prendra donc en charge les handicaps des unes ou des autres s'ils viennent à se produire au fur et à mesure de la montée en âge des résidentes", explique Thérère Clerc. Le local sera donc adapté aux fauteuils roulants et les douches conçues pour des personnes handicapées. La seule limite sera cependant les maladies dégénératives et les démences de type Alzheimer : "Là, le collectif ne saura pas faire, et le transfert vers une institution adaptée sera envisagé."

MAISON UNISEXE

Dans sa grande sagesse, le collectif a également prévu une ou deux habitations vides "pour les invitées" des unes ou des autres. "Mais, en réalité, cela conviendrait parfaitement pour une infirmière pendant la nuit", explique Thérèse Clerc. Laquelle estime que la construction d'une institution ad hoc genre Mapad (maison d'accueil pour personne âgée dépendante) non loin du projet Babayaga serait fort bienvenu.

Point important : la maison des "babayagas" sera résolument unisexe. Les hommes pourront visiter les "babayagas" dans la journée, mais ne pourront jamais postuler à l'attribution d'un logement. "Compte tenu du contexte démographique, les hommes seraient forcément minoritaires et leur présence déséquilibrerait les relations", dit Suzanne Goueffic. "On leur tient déjà la main tout au long de la vie, on ne peut pas continuer de les bercer indéfiniment", plaisante Thérèse Clerc. Seules les veuves, divorcées et célibataires pourront donc être cooptées. Une période probatoire de six mois sera en tout cas instituée pour réparer une éventuelle erreur de casting.

Le trio dirigeant a aussi prévu la création d'une "médiatrice" extérieure à la communauté. "Les femmes âgées, c'est pas commode, reconnaît Thérèse Clerc, un juge extérieur aidera à réguler nos humeurs." Un principe sera toutefois gravé dans le marbre des consciences de chacune : "Ne jamais se coucher fâchées."

Yves Mamou

dimanche 24 février 2008

"Opération « mains propres » dans les maisons de retraite "

Leparisien.com http://www.leparisien.fr/home/imprimer/article.htm?articleid=296083079
1 sur 2 25/02/08 6:41
ENQUETE.

TWENTY

appelons là ainsi.
J'ai en tête certains portraits de collégues de promo, des esquisses ou des pointillés qui me donnent des indices sur les personnalités côtoyées.
Mon regard de cyclope ne revendique ni précision ni grande lucidité mais la réduction de la focale me fait parfois zoomer sur des instants marquants. Où du moins qui me marquent.
J'ai eu la chance lors de mon premier stage d'être "drivé" par une aide-soignante qui reste ma référence. Plus que des gestes techniques, plus qu'une grande disponibilité : une aptitude et un souci constants à envisager chaque patient avec la singularité de son histoire et de sa souffrance.
Depuis je mesure chaque fois mon écart à ces dimensions.
Dernièrement une collégue a eu une note optimale lors d'un module d'hygiène. Elle fut la seule. Je ne vous parle pas de la mienne (shame on me)!
Avoir une telle note n'a rien en soi d'extraordinaire mais dénote pour moi une dimension qui me fait défaut : un travail constant, méthodique, une curiosité.
Cette jeune femme ne cherche pas à se singulariser. Elle est calme et posée. Les notes qu'elle prend, s'alignent avec clarté sur la page, ordonnées et lisibles. Pour avoir échangé quelques mots, je sais qu'elle a déjà une pratique significative dans le métier.
En refermant son classeur ce vendredi, elle a laissé échapper : "Comme j'aime ce que je fais, je le fais bien".
La phrase scintille dans mon esprit : depuis.

mardi 12 février 2008

PHOTOLANGAGE

J’avais à choisir deux photos pour illustrer ce que la vieillesse représentait pour moi. À la sortie de ce stage en gériatrie, mon esprit sevrait de visions et de sons s’est mis en tête de chercher ce qui faisait sens pour cet état de la vie qui collectionne comme tout autre d’ailleurs tant d’ images d’Epinal : sagesse, temps réapproprié et bien sur, tout ce que le consumérisme actuel fait miroiter.
J’ai jeté mon dévolu sur des mains d’une femme tricotant, aspiré par le souvenir si prégnant à ma peau du flot de paroles que déversait “la nonna”. Cette dimension paradoxale d’un toucher protecteur et d’un flot de mots incompréhensibles, comme peut l’être cette propension de certains adultes à prendre pour confident un enfant.
La deuxiéme photo présentait une eau calme sur laquelle glissait une barque avec deux personnes ramant. Le filtre orangé de la photo me suggérait l’aube d’un jour et l’idée de “l’Achéron”, ce fleuve de la mythologie grecque menant à la mort s’imposa d’évidence en miroir à l'invocation incessante qui s'échappait de sa bouche“voglio morire”.
Et nous glissions ensemble vers cet horizon!
“Vous êtes hors-sujet” me fit remarquer la formatrice, “vous vous cachez dans des mots”. À observer l’assentiment de mes collègues de promo, j’avais fait fausse route. Sans toussoter, je restais coî.
L’idée que la dame eut raison me percuta.
Craignais je cet état de la vie? Avais-je déjà la sensation d’arpenter cet espace de finitude?
Les questions sont souvent les réponses.
J’eusses aimé faire ressentir autre chose.
Une expérience singulière de cette transmission par capillarité de sagesse et de folie.
J’ai ce sentiment qu’enfant déjà j’étais très vieux, baigné par des angoisses de désespoir & de fin. Singulière entrée dans la vie par le prisme perceptif qui enserre ceux-celles qui atteignent cet âge de la vie où l'étau des questions primordiales semble un indépassable.
Je n'ai sur la vieillesse aucune idée préconçue : ni fascination ni rejet, cela me rend au moins attentif.